Sujet: The show must go on [Reine de <3] Mar 29 Mar - 0:12
Adriano marchait.
Toujours vêtu de ses beaux vêtements verts, chapeau haut-de-forme sur la tête, recouvrant un peu ses cheveux bleus, dont les mèches flottaient au vent. Car il ventait quelque peu, sur cette route pavée d'or. Le jeune homme n'y prêtait pas attention. Bien qu'il fut seul, encore, il ne se préoccupait point des paysages, plutôt monotones d'ailleurs, herbe, arbres, prairies,... Rien de passionnant, mais pas d'effrayant non plus, Mère merci. Les Ténèbres effrayaient vraiment Carosello, une fois sur deux au moins. Et, s'il ne s'intéressait à rien de ce qui l'entourait, lui-même ne changeait pas : dans sa main reposait, serré entre les doigts doux, son fidèle microphone.
Le paysage défilait, le dernier Di Pacci marchait tout droit, devant lui, d'un pas rythmé par la musique. Une musique dont le seul but était d'accompagner ses paroles. Une musique qui venait de nulle part et qui soutenait son chant, véritablement sublime, comme d'habitude. Cette fois, il chantait pour lui tout seul, il en avait besoin :
Empty spaces - what are we living for ? Abandoned places - I guess we know the score.. On and on! Does anybody know what we are looking for?
Dernièrement, il avait passé pas mal de temps aux côtés de la Reine Noire, maîtresse de toute chose de Ce Côté. Ça lui faisait plaisir, elle était un public de plus haute qualité (même si elle n'était pas un jeune enfant, comme il les aimait tant). Cela dit, elle savait se montrer bien capricieuse et elle le congédia au milieu d'une représentation, qui débuta pourtant sur Son ordre. S'inclinant, le Forain des Ténèbres s'en alla et apparut ici. Qu'était donc cet ici ? Il n'en avait pas la moindre idée, mais ça lui plaisait. Sa vie de mortel avait deux aspects : la fête foraine et les voyages qui séparait chaque spectacle de l'autre. Ce second point était parfaitement représenté par là route sous ses pieds. Elle semblait interminable (probablement elle l'était vraiment, comme la route d'un forain), mais quelque part, en chemin, il allait trouver un lieu, où se produire. Et le public viendrait à lui, envouté, intrigué, admiratif,... Sien.
Les couplets passèrent, portés par le vent, jusqu'aux oreilles des arbres, qui suivaient Carosello des yeux. Il semblait, de temps à autre, que la route aimerait être plus sinueuse, se séparer en plusieurs voies à suivre. Mais elle n'y arrivait pas pour lui, comme déçue par l'enthousiasme du chanteur : il savait que chaque route était bonne pour lui, car il trouverait un public. Il ne cherchait rien, ni vœux à réaliser (seule Mère pouvait réaliser le sien), ni sortie. Les Ténèbres étaient désormais le monde qu'il devait arpenter afin de chanter pour tous les publics, jusqu'à mériter de mener sa propre caravane d’étals et manèges. La mener au succès le plus fou, le plus musical et le plus lumineux et obscur à la fois. Les couplets passèrent et ce fut le tour du plus éclatant des fragments de ce morceau, légendaire :
The Show must go on! The Show must go on! Yeah,yeah! Ooh! Inside my heart is breaking! My make-up may be flaking... But my smile, still, stays on! Yeah! oh oh oh
Car oui, le spectacle devait continuer. Ne fut-ce que pour qu'il mérite SA fête foraine. Mais aussi car c'était la seule chose qu'il savait faire. Voyager et chanter. Bon, réparer un manège aussi, mais ça compte pas tellement, étant donné qu'il n'en a pas encore à entretenir lui-même. Mais un jour... un jour...
I'll top the bill! I'll overkill! I have to find the will to carry on! On with the, On with the show!
The Show must go on.
La dernière phrase mourut avec la musique, alors que la jeune Ombre faisait une halte, à l'ombre d'un arbre qui la regardait avec une certaine admiration. Le chanteur ne le regarda pas. Une silhouette approchait. Plissant les yeux, enlevant son chapeau et s'en servant pour mieux protéger son regard, il fixa la personne qui venait à lui. Un sourire se dessina sur son visage. Il croyait bien la reconnaitre... Ô joie, ô bonheur ! La vie était belle, même lorsqu'on était mort...
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Sujet: Re: The show must go on [Reine de <3] Mar 29 Mar - 20:53
Elle avait eu cette envie-là. Celle de s'enfuir. Ce caprice de ne plus vouloir voir tout ce château, tous ces crétins de Cartes, c't'abruti de Valet et les fillettes qui lui servaient de servantes, d'amies, de camarades de jeu, parfois, lorsque son humeur s'y prêtait. De crier un bon coup, d'un véritable cri de mouette, puis de fuir. De prendre sa jolie petite cape noire et de partir. Personne n'avait protester. Tous savaient qu'elle reviendrait, râlant d'avoir mal au pieds, exigeant un bain, un thé, des tartelettes et un bon feu. Tous savaient qu'elle reviendrait, continuerait à crier comme une gamine qui ne sait plus quoi faire pour obtenir ce qu'elle veut. Mais tous s'adaptaient. Après tout ils n'avaient pas grand choix, et depuis que Leonor avait découvert la puissance de relaxation d'un cri, ils avaient commencé à s'habituer à ses nouvelles sortes de crises. Ils s'habituaient rapidement à chaque particularités du caractère de leur Reine et maîtresse, de toute façon, en découvrant toujours des nouvelles, même au bout de deux ans, ne s'étonnant plus de voir une de ses colères se transformait en euphorie heureuse, ses sourires en larmes, et vice versa. Ils connaissaient Leonor. Ses lubies, ses envies, ses cauchemars. Ses cachettes. Et surtout ses caprices. Ils savaient quand il fallait se comporter avec elle comme une enfant, ou se soumettre totalement à son autorité, ils savaient ignorer ses colères les plus folles pour calmer ses ardeurs, ou accepter d'en subir quelques unes. Les Cartes n'étaient pas si ignorants et impertinents, vous l'aurez compris. Et là, quand elle avait crié, si fort que la vitre la plus proche manqua de se briser, de sa voix d'oiseau rageant de ne pas savoir chanter, ils n'avaient rien fait. Ils l'avaient regardé partir sur ses jolis escarpins, avaient soufflés un peu. Elle reviendrait, de toute façon. Elle avait beau se plaindre qu'on l'abandonnait, qu'elle souffrait des pieds dans ses escarpins, elle était une bonne marcheuse et ne se décourageait que rarement, dans les cas extrêmes ou dans ses rares moments de flemme intense. D'ailleurs, elle marchait si bien qu'aujourd'hui elle avait atteint un territoire qu'elle n'avait jamais encore visité. Applaudissez mesdames, messieurs, mesdemoiselles, Leonor Stuart avait surement traversé une bonne partie des Royaumes, en escarpins, à pieds, avec une robe noire et rouge, sa petite cape et sa couronne. Et était à présent sur une espèce de route toute jaune qui semblait respirer le soleil (Pas de poésie, simple association de couleur; la Reine de Cœur est après tout qu'un simple esprit. ) et menant elle ne savait où. Mais c'était sa destination, de toute façon, alors elle ne changea pas d'itinéraire, continua sa route, perdue dans ses songes, dans quelques pensées vides de sens, et d'ailleurs, oui, tellement perdue dans ses songes qu'elle ne remarqua pas d'abord la présence humaine à quelques mètres d'elle à peine. Relevant la tête en essayant de ne pas croiser le regard de l'inconnu, n'étant pas prête à rencontrer un fou, elle l'ignora premièrement, accéléra son pas. Puis du coin de l'œil, un détail la rappela à l'ordre: un microphone. Un microphone. Puis un haut de forme, des cheveux violets, un air de type pas si fou que ça. Elle leva un regard curieux sur l'homme encore à quelques pas. Cligna des yeux. Puis sourit enfin.
" Il faut toujours que je vous croise dans des endroits pas possibles, vous. " lança t-elle joyeusement, alors qu'elle se rapprochait encore un peu du chanteur Di Pacci Adriano d'une marche ravie.
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Sujet: Re: The show must go on [Reine de <3] Mar 29 Mar - 22:10
Et il ne s'était pas trompé. Le chanteur de fête foraine, Carosello, vit approcher la petite Reine de cœur. Certes, elle n'était pas particulièrement impressionnante. Certaines diraient peut-être que son accoutrement la rendait plutôt ridicule pour un monarque, qu'elle n'avait sa place que dans un cortège carnavalesque et certainement pas sur un trône, à régner sur un royaume. Adriano était cependant ébloui, admiratif, respectueux et, encore et encore, intimidé par la demoiselle. La belle demoiselle, soyons précis. Cependant, il n'avait pas oublié ce qu'elle lui dit la dernière fois. Il enleva son chapeau, le temps d'effectuer une profonde révérence. Pas celle qu'on pourrait voir effectuée par un prince charmant ou autre noble, mais celle d'un acteur ou autre adepte de la scène, qui salue son public favori, dans un tonnerre d'applaudissements.
- Ravi de vous voir, mademoiselle Leonor ! Vraiment, Mère doit veiller sur nous pour qu'on se retrouve aussi vite.
Puis, il remit son haut de forme et regarda autour d'eux, comme s'il venait de s'éveiller dans ce monde. Certes, l'endroit était étrange, inhabituel, inconnu, tout-ce-que-vous-voulez, mais il était aussi ensoleillé et pour le moins joyeux, depuis l'arrivée de la Reine de Cœur. Il n'avait rien de comparable avec l'horreur et la saleté de la ville, où ils se rencontrèrent pour la première fois. LawCity, même s'ils en ignoraient le nom. Adriano n'aurait pas compris de toute manière. Sa vision de la Loi était bien différente, la ville ne l'incarnait en rien...
Souriant, le rose aux joues (c'est juste le soleil voyons... oui, même à l'ombre !), le jeune homme répondit à son amie, celle qu'il se fit dès la première rencontre entre les deux Ombres. Il semblerait que la voix exceptionnelle de Carosello et la beauté juvénile de la Reine de Cœur soient faits pour se côtoyer.
- C'est vrai que je ne suis jamais venu ici... Mais je... euh... je suis vraiment content de vous voir. Vraiment, je vous assure, mademoiselle. Je... je pense que j'avais besoin de compagnie...
Oui, sans doute. Un artiste, quel qu'il ne soit, a toujours besoin de compagnie. Ne fut-ce que pour pouvoir être un artiste. Sans spectateurs, Carosello serait, du moins d'après lui, complètement inutile. Certes, il était normal qu'il soit obligé de se déplacer, en solo à défaut d'avoir sa troupe, mais globalement, sa vie était centrée sur son public. Aujourd'hui, il était aussi quelque peu triste, sans personne avec qui discuter, depuis que Mère se lassa, temporairement sans doute, de lui et de son chant.
Ces pensées lui rappelèrent qu'il quitta Leonor avec précipitation, la dernière fois. Lui en voulait-elle ? Soudainement le doute le saisit et ce ne furent pas le ton ou le sourire joyeux de la fille qui le rassurèrent. En sa présence, lorsqu'il ne chantait pas et devait donc faire preuve de savoir-vivre avec une demoiselle (bah ! Une Reine !), Adriano Di Pacci perdait vraiment son sens de la logique. Ça se voyait comme le nez au milieu du visage qu'elle n'était pas en colère. Néanmoins, il se sentit obligé de formuler des excuses. Rien à faire, pas l'habitude des filles de cet âge-là (le sien, donc), vraiment pas...
- Oh ! Je suis vraiment désolé pour la dernière fois. Je vous ai quitté si vite, excusez-moi ! Mais Mère m'appelait, je ne pouvais pas trainer... Désolé. J'espère que vous avez su retrouver votre chemin pour revenir chez vous... Ha ! Je suis vraiment confus...
Mignon, n'est-ce pas ? En plus, Adriano fut effleuré par l'idée affreuse que quelque chose ait pu arriver à Leonor, dans cette ville sale, l'autre jour. Non, on ne dirait pas... mais si jamais ce fut le cas, il ne se le pardonnerait pas. Et elle, pourrait-elle lui pardonner ?
Non, mais vraiment ! Il y a moyen de se torturer l'esprit pour rien ? A croire que les jolies filles nous rendent tous idiots qu'on soit vivants ou morts...
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Sujet: Re: The show must go on [Reine de <3] Jeu 31 Mar - 18:11
Évidemment, elle lui en voulait quand même un peu. Pas spécialement parce qu'il l'avait laissée toute seule dans cette grande et moche ville et qu'il ne l'avait pas aidée pas à retrouver son chemin mais plutôt que.... Et bien, c'est qu'on ne déserte pas devant une jeune fille, voilà tout, et particulièrement devant un reine, et en tout cas pas comme ça. Parce que la petite Leonor, assise sur sa place, devant la caisse du chanteur, sur les lèvres une réplique avortée, et bien elle s'était sentie bien bête. Honteuse, même. Qui sait, peut-être que quelqu'un l'avait vu? Peut-être qu'en la surprenant, comme ça, devant la caisse, la bouche entrouverte, on l'avait prise pour folle? Et à présent, peut-être même qu' une rumeur parcourait le royaume comme quoi la Reine De Cœur parlait à une caisse toute sale? Bon dieu, ç'aurait été la fin de tout. Déjà que la plupart des ombres n'appréciait pas le fait de devoir subir les caprices d'une si jeune monarque, si on commençait à la prendre pour une gamine bonne à se faire interner, elle n'aurait plus aucune autorité, et elle ne serait alors plus rien, ou en tout cas plus grand chose. La fin de l'entente entre les royaumes de la Reine Blanche et ceux de la Reine De Cœur avait déjà assez bien perturbé le peuple, et suffisamment de rumeurs méchantes courait dans le dos de Leonor à ce sujet. Tous disaient que la Reine Blanche pourrait l'écraser de son talon dès qu'elle le voulait, que c'était Leonor elle-même, par problème d'égo, qui aurait déclaré la guerre à la jeune femme, et autres racontars plus ridicules sur les faits. Mais tout ça était une autre histoire, et elle n'avait pas la tête à penser à ces devoirs de Reine. La jeune monarque s'arrêta à quelques pas encore du chanteur aux cheveux violets, répondit à sa courbette d'artiste par une révérence de princesse. Il était rare qu'on la salue si aimablement et elle était toujours ravie de répondre à cette politesse par une autre,- quand son humeur si prêtait. Puis, elle appréciait beaucoup Adriano Di Pacci. D'abord, parce qu'elle adorait les chanteurs, en suite parce qu'il avait chanté un jour rien que pour elle ( et ça c'était quelque chose qui pour elle n'avait pas de prix) , et pour finir, parce que on ne reste pas indifférent à un beau garçon en beau costume qui rougit devant une jolie fille. Surtout quand cette jolie fille se trouve être vous.
- Si vous avez besoin de compagnie, tant mieux. " lui sourit-elle donc encore. " Je pense que moi aussi, j'en avais besoin."
Les expressions d'Adriano étaient vraiment... Très mignonnes. Adorables. Ça changeait des hommes sombres ou complétement tarés qu'elle avait pu croiser tout au long de sa courte expérience d'ombre. En réalité, Adriano changeait des autres ombres en général. Comme des vacances. Il était gentil, chantait comme un dieu, l'appelait mademoiselle Leonor. Ce genre d'hommes appartenaient à une gamme précieuse. Il fallait donc en prendre soin, aussi malsain que cette phrase et la précédente soient; je ne fais après tout que retranscrire les pensées de Leonor au moment où elles surviennent. Donc, Adriano était précieux. Pourrait-elle lui bâtir une fête foraine dans son royaume? Ce n'était pas l'envie qui lui manquait mais plutôt la certitude. Peut-être qu'un tel geste ne plairait pas à Mère Ombre. Et peut-être qu'Adriano voulait sa fête foraine ailleurs, qui sait. Puis peut-être même qu'elle n'aurait pas assez d'argent pour lui faire un tel cadeau. Que le peuple n'apprécierait pas. Elle était donc, dans chaque cas, dans l'impossibilité de lui proposer cette offre.
" Oh, ne vous excusez pas! J'ai facilement retrouvé mon chemin et c'est normal d'être partis si vite , si mère vous a appelé... " C'était parfois étrange d'appeler " mère " une personne qui n'était pas réellement sa mère, mais elle prenait cette appellation plus au sens officiel qu'au sens affectif. " C'est la priorité. Donc vous n'avez pas à vous confondre en excuses." fit-elle en hochant la tête, un demi-sourire pointant au coin des lèvres.
" L'importance, c'est que nous nous sommes de nouveau rencontré, n'est-ce-pas? "
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Sujet: Re: The show must go on [Reine de <3] Jeu 31 Mar - 23:10
Bonté divine, elle n'était pas en colère. Adriano ne croyait pas encore tout à fait à sa propre chance. Elle devait vraiment l'apprécier. Lui... Ou son chant. Parce que ce qui est dur quand on est vraiment doué (voire hypnotique) ce qu'on ne peut pas savoir si on vous aime parce que vous êtes charmant ou parce que votre pouvoir corrompt la volonté de vos admirateurs... Mais il se doutait qu'il devait faire pour le moins bonne impression, sans quoi, une Reine ne s'intéresserait pas à lui. Surtout que celle-ci n'était pas une simple monarque. Elle était une Ombre, comme lui, aimée de Mère, la Reine de toutes les reines. Leonor ne pouvait donc pas succomber aussi aisément au délicieux son de sa voix.
En plus, elle était contente d'être en sa compagnie ! Lui aussi, il fallait bien le reconnaître. La demoiselle provoquait chez le jeune homme une joie rare. Personne n'irait dire qu'il était amoureux, lui-même ne savait pas trop ce qu'on ressentait dans cet état, mais il appréciait très certainement sa charmante petite interlocutrice. Il n'aurait d'ailleurs jamais imaginé qu'elle puisse lui proposer de lui construire sa fête foraine. Mère a dit qu'il devait d'abord se montrer digne et mériter ce qu'il désirait tant. Alors il n'osait pas contredire. Il le faut pas défier Mère, il faut lui obéir. La plupart des Ombres avaient cela dans le sang, lui aussi. Il était trop souvent en Sa présence que pour même imaginer ce que cette Personne pourrait faire, une fois en colère. Puis... Il n'était pas un grand rebelle. Il voulait mener sa fête foraine et ça lui arrangeait bien que quelqu'un lui dise ce qu'il doit faire. Comme ça, il se sentait en sécurité, guidé par une force supérieure.
Carosello rougit encore, lorsque Leonor lui dit de ne pas s'excuser. Il devait avoir l'air bien stupide sur le moment, mais il était vraiment désolé. Il avait été contraint d'abandonner au milieu de nulle part sa toute nouvelle amie : la première dans ce monde... Alors il fallait en prendre bien soin.
- Oui, c'est vrai ! - Il s'exclamait encore, trop rapidement pour cacher une certaine nervosité. - C'est très important, vous avez raison, mademoiselle Leonor !
Ah, il s'emballait encore, comme s'il avait peur d'être en retard avec ses répliques. Ou comme s'il craignait qu'elle s'en aille s'il ne l'assurait pas assez vite de sa joie de la voir. Une joie authentique, vous l'avez lu plus haut. Le jeune Di Pacci décida qu'il devait se faire pardonner et faire plaisir à Leonor. A sa façon, bien entendu.
- Je vous chante quelque chose ?
Encore charmé par sa chanson précédente, un arbre les écoutait, regardant surtout Carosello. Ce dernier lança un regard circulaire autour de lui. Encore une fois, la chance lui souriait, il trouva assez rapidement ce dont il avait besoin : une pierre, assez grosse pour lui servir de piédestal. Petite scène, dure et froide, toujours improvisée, mais bien meilleure qu'une vieille caisse de bois, trouvée dans une ville louche. Cela ne dérangeait pas Adriano : certaines villes demandaient aux forains de s'installer dans un parc, ou encore en périphérie de l'agglomération. Ainsi, ici, sous un arbre à visage (non, ce n'était pas si surprenant que cela pour deux Ombres), sur une pierre, il allait donner un nouveau spectacle pour Leonor Stuart.
La musique coula dans l'air, douce et agréable, suivie des paroles, chantées de la délicieuse voix d'Adriano Di Pacci...
How can you see into my eyes like open doors, Leading you down into my core, Where I’ve become so numb without a soul my spirit sleeping somewhere cold. Until you find it there and lead it back home.
Alors que la musique s'intensifiait, l'homme aux cheveux bleus ferma les yeux et continua de chanter, de tout son coeur, comme toujours se donnant à fond pour se montrer bien digne de sa future fête foraine... Et pour son si cher public, même s'il était composé d'une seule personne.
Spoiler:
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Sujet: Re: The show must go on [Reine de <3] Sam 2 Avr - 20:08
Cette chanson-là, cette musique-là, elle la connaissait. Malgré sa pitoyable valise de souvenirs qu'elle avait conservés de sa vie d'avant et certaines vieilles mélodies qui se mélangeaient dans sa tête, elle en était sure, elle la connaissait. Elle s'en souvenait. Et au fur et à mesure qu'Adriano chantait, elle savait, elle se rappelait de quelques fragments de paroles ou de mélodie qu'elle chuchotait tout doucement en même temps que lui, comme pour elle-même, pour ne pas couper le jeune chanteur aux cheveux bleus, faisant attention à bien rester immobile pour ne pas perturbait l'interprétation par le moindre bruit de respiration ou de plissement de tissu. Ce n'était pourtant pas son style de musique. Leonor préférait les choses fraiches et joyeuses, les voix qui vous transpercent le cœur d'une joie sans faille, qui vous donnent envie de danser et de sautiller sous un soleil californien. Oui, carrément. Se croire dans un clip, se dandinait sur une plage, restait une pré pubère heureuse de vivre, heureuse de ses jambes fines et de ses yeux d'enfant, heureuse d'avoir toute la vie devant soi. Et elle avait toujours eu de mal avec ce genre de chanson, qui ne parlait pas de soleil, d'été, de glaces et de jeunesse. Mais avec Adriano... Oui, forcement ça changeait tout. Tout changeait quand il chantait. Lorsqu'il prenait son microphone, trouvait une scène de fortune, fermait les yeux, la grande affection qu'éprouvait surement Leonor pour le jeune homme se transformait en une fascination éblouie. Il l'éblouissait. Aussi ridicule qu'il soit sur son caillou, dans son costume de Dandy, avec son éternel microphone, il l'éblouissait. Rendait les moindres paroles qu'il fredonnait encore plus intenses, encore plus grandioses qu'elles auraient pu être à l'origine. C'était un feu d'artifice de notes et de mots dont Leonor ne semblait jamais se lasser, et dont je ne me lasse jamais de décrire pour gagner quelques lignes et essayer d'exprimer la puissance que peut avoir une chanson, bien que ma description présente ici soit particulièrement pitoyable. Passons. Leonor le fixait, comme d'habitude, et éprouvait les mêmes sensations qu'au précédent concert privé qu'il lui avait donné, vous l'aurez donc compris. Il la fascinait. Totalement. Elle aurait voulu avoir une voix comme ça. Peut-être que si elle avait su chanter, elle n'aurait pas sombré si bas, peut-être qu'elle se serait raccrochée à ça, à son chant, qu'elle aurait compris que dans sa vie il y avait autre chose que l'amour de l'enfance. Mais la petite Reine de Cœur savait juste crier, rire, pleurer et écouter les chanteurs et les chanteuses. Elle avait été, était, et resterait une oreille plutôt qu'une voix. Elle serait le public, et les autres chanteraient pour elle. Ce n'était pas si mal, mais quelque part, derrière son admiration, sa fascination, et son amour pour les chansons d'Adriano, pointait une touche de jalousie qui ne la quittait jamais. Derrière ses applaudissements, ses sourires, elle avait encore envie de criait, de pleurait, s'exigeait. Exiger son enfance éternelle, son ticket illimité pour le monde de Peter Pan, et une voix qui ferait autre chose que dire des bêtises et rendre les gens tristes. Elle voulait une voix comme celle d'Adriano, une voix qui rend les gens heureux. Mais on ne peut pas tout avoir,alors elle pourrait juste pleurer son malheur dans sa couette et chercher du coin de l'œil dans les Royaumes l'ombre d'un haut de forme et d'un microphone. Lorsque la chanson se termina, elle eut son habituel petit sourire, tapa dans ses mains.
" Ce n'est vraiment pas juste que tu saches chanter si bien. "
INSCRIT LE: 04/03/2011 MESSAGES: 335 FEAT.: Gamine. CRÉDITS: sur Zerochan
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Sujet: Re: The show must go on [Reine de <3] Dim 3 Avr - 23:40
Il n'y avait aucun doute à avoir, cette fois. La Reine de Coeur aimait manifestement ce qu'il faisait. Pas étonnant, il le faisait de son mieux, comme toujours. Carosello se donnait à fond, chantant de tout son coeur. Une fois qu'il eut finit, il sentit qu'elle l'écoutait avec une attention admirative. Mère Ombre avait béni Adriano Di Pacci, pour le rendre irrésistible. Pour le moment, il ne servait à rien d'autre que le divertissement de tous les résidents des Ténèbres... Mais le jour, où sa fête foraine verra le jour (la nuit, plutôt), il aurait un lieu, où piéger ceux qui l'écouteront. Et ce jour-là, l'empreinte du Mal sur son âme allait se manifester. Il allait y emprisonner autant de gens que possible, les rendant dépendants de ses manèges (ah, ses sublimes manèges, il les voyait déjà tous, autant qu'ils allaient être) et de son chant... Oh oui... Mère qu'il craignait et qu'il chérissait tant allait le pousser dans la folie, dans laquelle tous finissaient par sombre, tôt ou tard.
En attendant, il était un jeune homme charmant, timide avec cette belle demoiselle devant lui, assise au sol à le regarder, et il n'en était pas peu fier. Impressionner une demoiselle pareille (une Reine !) n'était sans doute pas une mince affaire. Il n'a jamais mis les pieds dans un château, mais il imaginait qu'elle devait avoir des chanteurs, des danseurs, des musiciens,... Et nul ne sait quels autres artistes à son service. Un Royaume entier devait lui obéir, non ? Si, sans doute. Une Reine, on lui obéit, c'est pas nouveau. Alors bon... Si lui, tout seul, sur une pierre, suffisait à la charmer, il y avait de quoi bomber un peu son torse, même s'il était fin et peu musclé.
Mère ! Avait-il bien entendu ? Oui ! Elle... Elle l'avait tutoyé ! La preuve : elle se corrigea. Là, ce fut le pourpre qui envahit le visage délicat de Carosello. Si... Si elle avait fait une faute pareille, quelle était la chance qu'elle avait envie de le tutoyer ? Non... C'était impossible, voyons. Il était juste un forain, un petit chanteur. Quoi que... Justement, une Reine pouvait bien tutoyer n'importe qui. Mais lui, il allait devoir la vouvoyer. Et il entendait bien le faire, quoi qu'il arrive et même si Leonor décidait de le tutoyer comme l'un de ses sujets... En la regardant, toujours gêné, Adriano se demandait si être le sujet d'une fille comme elle ne serait pas une bonne idée ? Mais non... Encore une fois, il se démontra lui-même qu'il avait tort. Il n'avait besoin de de Mère. Il devait certes divertir tout le monde, mais l'obéissance, il ne la devait qu'à elle... Certes, il avait entendu parler des... Seigneurs. Il se doutait même que son père devait en être un, même s'il ne savait plus pourquoi il en était convaincu. Cependant, il n'en croisa jamais qui soit capable de le comprendre ou de lui promettre de l'aider à gagner sa fête foraine. Hésitant, il brisa le silence qui s'installa après la musique et ses paroles de Leonor :
- Dites... Mademoiselle Leonor, vous voulez que je chante autre chose ? Je vais faire de mon mieux pour vous le chanter, si vous voulez...
Il se rendait bien compte qu'il parlait comme un gamin de dix ans, mais il n'y avait rien à faire. Il n'a que rarement vu des filles de son âge et jamais d'aussi près et aussi longtemps. C'était clair : il était timide et ne savait pas vraiment bien que faire pour que tout se déroule bien, pour qu'elle le considère comme un ami et qu'elle veuille toujours de venir le voir dans sa fête foraine. La sienne, à lui seul. Celle qu'il gagnerait, quel qu'en soit le prix...
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Sujet: Re: The show must go on [Reine de <3] Mar 5 Avr - 19:25
Et Elle le crut. Adriano avait chanté magnifiquement bien à chaque fois qu'il en avait eu l'occasion devant elle; et elle ne doutait pas que dés que sa bouche s'ouvrait près de son microphone, seul ou devant quelque public, un chant aussi beau en sortait aussi. Elle ne pouvait surement pas douter du talent du jeune homme et de tout ce qu'il pouvait faire de sa voix, ça aurait été de l'idiotie, ou un manque cruel de gout... S'entrainait-il? Elle cacha un petit sourire à la pensée de le voir faire des vocalises on ne sait où, avant d'enchainer quelque air en l'air, histoire d'être en pleine forme vocale si un habitant des Royaumes s'avérait avoir une oreille à lui offrir. Ce serait trop facile si, comme ça, à peine réveillé, les yeux demi-fermés et la bouche moite il pouvait chanter comme il le faisait devant elle, et surement devant d'autres. Non, il devait s'entrainer. Avoir une jolie voix, savoir chanter, tenait généralement d'un don ou de l'appartenance à une famille de musiciens ou de chanteurs. Son père était-il chanteur comme lui? Dans tous les cas, il devait s'entrainer. Du moins Leonor y tenait. Elle étala avec son petit air mutin sa jolie robe meringue tout autour d'elle, comme une princesse - chose stupide; c'est une Reine - enleva de l'index le nœud du ruban qui retenait son chaperon, se mettant un peu plus à l'aise. Ici, il faisait chaud. Doux. L'atmosphère, l'ombre de cet arbre, cette route aux briques jaunes, la changeait du reste des Royaumes, et principalement de leur premier lieu de rencontre, à elle et au jeune chanteur aux cheveux bleus. L'air y été plus respirable, et surtout elle pouvait s'étaler dans l'herbe à sa guise, plutôt que se recroqueviller sur un bout de bitume pas trop trop sale et froid. Et ça n'avait pas de prix.
" Vous chantez tout le temps bien, de toute façon. "
Elle releva la tête vers lui, sourit encore comme elle aimait tant le faire, consciente que son sourire était la seule chose qui pourrait attirer quelqu'un vers elle, posant ses mains jointes sur le tissu de sa robe.
" Je suis sûre qu'à chaque fois que vous chantez vous le faites de tout votre cœur. Ce serait avec un immense plaisir que je vous écouterais encore."
Elle eut un petit rire, comme en réaction à toutes ses choses bien niaises qu'elle sortait là, fit attention cette fois au vouvoiement, de peur d'être de nouveau impolie, puis marqua un léger temps.
" Vous étes forain, c'est bien ça? Parlez moi de votre ancienne fête foraine. Il y avait des manèges? D'autres personnes, comme... Je ne sais pas, des cracheurs de feu, ce genre de choses? "
Elle ne savait pas, en réalité, si lorsqu'il chanterait encore pour elle, elle arriverait à se lever et à le quitter de nouveau. Il l'hypnotisait. Totalement. Et cette fois il été hors de question qu'il parte si vite et sans un mot, elle ne le supporterait pas. Elle pousserait son cri de mouette, ferait un caprice, jusqu'à ce qu'il revienne et qu'il chante encore. Alors, pour éviter quelques situations délicates, elle préféra repousser le moment, quitte à rendre un petit déçu Adriano de ne pas chanter encore. Mais elle était comme ça. Exiger, elle savait faire. Puis les fêtes foraines, elle aimait bien. Pour ne pas dire que toute dignité se perdait lorsqu'elle en voyait une, que sa fierté de reine de coeur disparaissait littéralement sous des envies de barbe-à-papa, de train fantôme et de montagnes russes. Leonor n'était pas une gamine dans l'âme pour rien.
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Sujet: Re: The show must go on [Reine de <3] Mar 5 Avr - 23:46
Elle était si gentille avec lui. Mais cette fois, même s'il était touché, Carosello ne s'en trouva pas gêné. Et pour cause : il avait conscience de son talent. Même le plus gentil et modeste des garçons finissait par être quelque peu corrompu par ses propres pouvoirs. Après tout, il le savait, il chantait bien. Vraiment bien, même encore mieux que ça. Comme toutes les Ombres, il avait été piégé dans les Ténèbres pour l'éternité... Mais Mère l'aimait bien, alors Elle n'avait pas hésité à renforcer ses talents de simple mortel, pour en faire un chanteur, comme il n'y en a pas eu depuis longtemps. Et, manifestement, comme Leonor n'en avait jamais vu, ni entendu d'ailleurs.
- Merci, mademoiselle Leonor... Mais je vous assure que... - Soudainement, il hésita, ce qu'il allait dire lui sembla très stupide, gamin, d'un seul coup. Après un instant de réflexion, il se lança quand même. - ... enfin, pour vous je vais toujours faire plus d'efforts que d'habitude ! Promis !
Et il détourna les yeux, de nouveau hésitant. Décidément, dès qu'on quittait le domaine du chant, il était comme un poisson sorti hors de l'eau. Ou presque. Si le chant et la discussion avaient des points communs, il n'excellait que dans l'un et était plutôt faiblard dans l'autre... Pourquoi tout le monde écrivait des chansons et des poèmes (souvent bons pour être adaptés en chansons) et personne ne préparait de répliques à dire pour ce genre de conversations ? Adriano Di Pacci avait une vague idée de ce qu'était le théâtre (celui de la rue au moins, pas celui des grandes salles), mais il trouvait qu'il faudrait trouver une formule pour la vie quotidienne, histoire qu'il puisse l'appliquer aussi dans sa vie de tous les jours. A défaut de cela, il chantait autant que possible. Et si une âme tombait sous son charme, il ne faisait pas trop attention à ce qu'il lui disait, il n'avait pas à être gêné devant un être, subjugué par son chant... Mais une demoiselle (une Reine !) de son âge... Impossible d'assurer un dialogue sans rougir tous les trois mots un peu plus...
La Reine de Coeur amena, sans que Carosello ne s'y attende, un sujet bien intéressant. Il ignorait si elle le savait, mais personne ne lui parlait de sa fête foraine, personne ne le lui demandait... Seule Mère savait et elle se servait de cela pour se moquer de lui ou pour qu'il se baisse encore plus bas en s'inclinant devant Elle (chose qu'il faisait toujours avec autant de soumission). Un sourire joyeux irradia le visage du chanteur, alors qu'il déversa sa bonne humeur toute fraîche sur son interlocutrice, dans un flot de paroles :
- Oh oui, mademoiselle ! C'était une fête foraine itinérante, mes parents avaient quatre manèges et ils étaient magnifiques, presque... vivants. - Son esprit ne se souvenait toujours pas du fait que son père était un Croquemitaine, mais il savait qu'il y avait un lien entre sa fête et les Ténèbres. - Et il y avait plein de lumières et une musique magnifique ! Et madame Fabienne faisait les meilleurs barbes à papa du monde... Euh... Monsieur Luigi savait cracher du feu, mais il ne le faisait pas souvent, juste au soir, un peu avant la fermeture, quand il faisait bien noir. Pour qu'on voit mieux. - Adriano soupira. - Ah, c'était vraiment beau... Ma famille y travaillait depuis trois générations...
Il se perdit dans ses pensées, ses souvenirs, redevenant sérieux, pensif. Son regard se perdit encore au loin. Son esprit visualisait déjà la nouvelle fête foraine que Mère allait (bien sûr qu'elle le ferait, il y croyait dur comme fer) lui offrir s'il était sage. Après quelques instants, il s'éveilla à nouveau et adressa un sourire, plus petit, mais toujours aussi chaleureux, à Leonor :
- Alors, que désirez-vous que je vous chante, mademoiselle Leonor ?
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Sujet: Re: The show must go on [Reine de <3] Lun 11 Avr - 21:29
Cracheur de feu, manèges, barbe-à-papas... Une vrai fête foraine, quoi. Et Adriano au milieu. Comme la cerise sur le gâteau. Leonor eut un rire joyeux de petite fille, excitée et nerveuse d'imaginer un pareil endroit. Une fête foraine... Mais c'est génial une fête foraine, bon dieu! Des jeux, de la nourriture, des enfants partout qui courent et rient, des ballons, du bruit, des manèges, mais c'est la vie quoi! Elle s'imaginait déjà en train de sautiller ici et là, à payer et à essayer tout ce qui passait sous sa main, sous ses yeux, à acheter à ses Petites Filles pleins de jolies sucreries multicolores, à faire de grands tours de manège, à gagner une peluche géante, à s'amuser, à y revenir tous les jours, encore et encore, sans jamais se lasser. Un rêve un peu stupide mais un rêve quand même. Un rêve de Leonor. Et Adriano sur son estrade qui chanterait au milieu. Un rêve. Ce serait plus amusant que les courses en trottinette dans les interminables couloirs du château, que les cours de cuisines avec le Valet, ou encore que les parties de criquet entre Grands du royaume, -qui finissait toujours d'ailleurs avec quelques têtes en plus dans sa collection-, déjà. Puis, elle avait toujours voulu installer un carrousel dans une des pièces du palais. Un grand carrousel coloré avec des chevaux magnifiques, et avec ces petites musiques lancinantes dont seuls les propriétaires de carrousel ont le secret. Mais, finalement, ça n'avait pas pu se faire. Ça ne faisait pas sérieux, un manège, dans le château d'une reine si sévère. Mais ses Petites Filles et le Valet lui avaient promis: elle aurait un jour sa pièce secrète avec son beau carrousel. En attendant, il allait falloir qu'elle bosse un peu son statut, et qu"en attendant, elle aille à la fête foraine d'Adriano, faire la groupie idiote devant lui, se prendre pour une princesse sur un des chevaux de bois qu'elle monterait là-bas, et toutes ces choses de gamine heureuse de vivre et d'avoir un garçon à aimer dans un bel endroit comme ça. Enfin, garçon à aimer, façon de parler, n'est-ce-pas? Une reine n'a pas grand chose à faire avec un forain, hein? Passons. Leonor rougit d'ailleurs un peu à son tour lorsque son ami ( hein que c'est son ami? ) lui dit qu'il faisait toujours beaucoup d'efforts pour elle. Elle avait envie de le regarder de ses yeux de biches, de lui demander d'un air innocent un petit " C'est vrai? " - mais se ravisa, lui accordant son entière confiance à ses propos. Adriano n'est pas du genre à la flatter juste pour sa couronne et sa réputation de trancheuse de tête. Du moins, elle l'espérait grandement. Et lorsque la dernière question vint, Leonor hésita encore. Elle n'arriverait jamais à se décider sur une chanson. Puis elle avait peur qu'il ne la connaisse pas et soit désolé, ou qu'il n'aime pas spécialement... On peut pas demander, comme ça, à un chanteur, de chanter telle ou telle chanson. Et elle aimait quand il la surprenait. Pourtant, elle réfléchit encore, avec son inévitable petite moue réfléchie, triturant le tissu de sa robe, et comme la première fois, à Law City, ne trouva rien qui puisse ressembler à une chanson préférée ou à quelque chose qu'elle aimerait qu'il chante. Il chanterait des chansonnettes grivoises, elle trouverait quand même ça magnifique.
" Chantez quelque chose de joyeux! " ordonna t-elle malgré elle sur un ton d'enfant jouant à la maitresse avec un léger rire, tapant dans ses mains, après un instant supplémentaire de réflexion.
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Sujet: Re: The show must go on [Reine de <3] Mer 13 Avr - 9:49
Adriano ne remarqua même pas que son amie (eh oui, il la voyait comme telle également) rougissait, elle aussi. Il préférait se concentrer pour lui faire plaisir. S'il faisait plaisir à une Reine, Mère devrait apprécier, elle aussi, non ? Contenter Mère Ombre était le but de Carosello à court et moyen terme. A long terme, il désirait bien entendu sa fête foraine magique et lumineuse, comme Elle la lui avait promise. Le jeune homme ne voyait pas encore que, une fois qu'il sera redevenu un vrai forain, leur Déesse à tous pourra l'obliger à faire n'importe quoi : cette fois, en le menaçant de lui retirer son précieux cadeau.
Cette idée n'accédait peut-être pas encore à son esprit, centré sur une seule chose : la fête foraine. La sienne. Vous pouvez croire que je vous en parle faute de mieux, mais vous vous trompez. Carosello, à moitié amnésique, perdu dans un Monde qui devrait être sien, s'accrochait à ce qu'il connaissait : son métier. Amitié ou non, si Mère lui demandait de sacrifier Leonor, la belle demoiselle Leonor, il le ferait. Hésiterait-il ? Sûrement, mais pas bien longtemps, croyez-moi. Il avait besoin d'exercer sa profession, comme d'autres devaient respirer ou faire peur aux gens, ou encore s'adonner à des pratiques... Charnelles, faute d'un meilleur terme. Lui, il devait voir les manèges tourner, les lumières colorées altérer la réalité, il devait entendre la musique entraînante, les rires des enfants, pris au piège dans son petit univers, rien qu'à lui...
En attendant cela, il lui fallait chanter : Mère avait été claire. Il devait chanter, plaire, distraire, amuser, faire rire et pleurer. Tout pour les habitants des Ténèbres et leurs invités. Ainsi, il vivait pour servir, patient, attendant son heure. La Reine Noire allait le récompenser, il y croyait, espérait. Toutes ces pensées défilèrent en lui en un instant, bien entendu. Leonor ne répondit qu'une seule chose : elle voulait une chanson joyeuse. Elle ne commenta pas sa description de la fête, où il vécut avec ses parents. Cela dit, il se doutait bien, au vu du large sourire de la fillette, qu'elle était impatiente de voir, elle aussi, le nouveau domaine de Carosello.
Adriano Di Pacci remit son chapeau sur sa tête et s'inclina bien bas, la main libre sur la poitrine. La petite Reine avait parlé : il allait chanter pour elle, comme elle le voulait. Avant d'approcher le microphone de sa bouche, Carosello médita la question du titre. Certes, il connaissait des chansons de fêtes, mais c'était si... Simple. Lui-même n'était ni éduqué, ni trop compliqué à comprendre (disons que n'importe quel interlocuteur sobre finit par bien le connaitre au bout d'une conversation), mais il se disait que pour une demoiselle de cette envergure, il fallait tout de même quelque chose de mieux... Un sourire se dessina sur les lèvres de Carosello : sa spécialité c'étaient les enfants, avec les filles de son âge, il avait du mal. Mais elle avait l'air si enfantine... Peut-être allait-elle se souvenir de la chanson qu'il comptait chanter pour elle... Une chanson sur un Prince, parfait pour une petite reine, n'est-ce pas ?
La célèbre musique envahit les pleines verdoyantes, un véritable fanfare, avant qu'une chœur invisible, mais qui semblait composé d'une foule entière, précède la voix magique de Carosello :
Faites place au Prince Ali ! Quelle Grâce ! Le Prince Ali !
Le chanteur repris ensuite les choses en main et sa voix avait en elle le pouvoir. Un pouvoir toujours aussi envoûtant. Mais là... Les images du cortège féerique s'imposaient, que vous ayez ou non vu ce fameux film... On croyait les voir du coin de l'œil, puis disparaître, on s'attendait à voir débarquer Aladdin, sur son éléphant, au bout de la route pavée d'or :
Bande de veinards, Dégagez le bazar. Et vous allez voir, C'que vous allez voir Venez applaudir, acclamer la Superstar ! Fêtez ce grand jour, Clochettes et tambours ! Venez adorer l'idole ! ...
Adriano finit le chant, bien entendu. Celui-ci s'arrêta d'ailleurs assez brusquement et le jeune homme s'inclina rapidement, à la dernière note, espérant de tout coeur que la belle demoiselle avait apprécié.
- Mademoiselle Leonor, êtes-vous satisfaite ?
Spoiler:
J'avais pas de meilleure idée XD
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Sujet: Re: The show must go on [Reine de <3] Sam 16 Avr - 11:06
Leonor avait tout d'abord froncé les sourcils, un demi-sourire se formant sur son visage alors qu'elle reconnaissait, petit à petit, incertaine, la musique d'un de ces dessins animés-là qui avait bercé une partie de son enfance, un Walt Disney comme on les aime. Même après l'avoir bien identifié, elle hésita. Non, il n'avait quand même pas osé?... Elle retint un rire, collant sa main à sa bouche pour l'empêcher de sortir de sa cage, alors que musique, chœur et chanteur s'en donnaient à cœur joie pour accueillir le si attendu prince - qui d'ailleurs ne venait pas, au grand désespoir de la petite reine. Leonor garda ce sourire béa de fillette un peu niaise scotchée sur le visage jusqu'à la dernière note et même un peu après le salut du chanteur aux cheveux bleus, se laissant quand même le droit de rire un peu à ce moment-là, l'applaudissant de ses deux petites mains comme si elle voulait lui faire une ovation de foule à elle seule. En réalité, si là tout de suite maintenant la petite reine avait su qu'elle serait bien moins importante face à cette promesse de fête foraine, elle se serait surement enfuie en courant, ballerines ou pas. Mais pas de peur. Non, en y repensant bien, ça aurait été plutôt de rage et d'un peu de tristesse. Et elle aurait, une fois rentrée au château; longtemps hésité entre lui envoyé un bourreau qui aurait proprement fait son travail dans une certaine discrétion, le mettre à la guillotine devant le royaume, ou simplement pitoyablement pleurer, casser des assiettes et crier aux mouettes son malheur avant de se promettre de ne jamais plus reparler au chanteur, et de le haïr de tout son être - et si l'idée tenait toujours, de l'éviter. Car pour elle, à ses yeux, elle était bien plus importante qu'une fête foraine; du moins elle espérait, et l'idée qu'elle ne le soit pas ne la frôlait même pas. Alors quoi, elle serait trop laide, trop vieille, peut-être, trop grosse, trop de mauvaise compagnie pour ne pas l'être, pour être sacrifiée comme ça, comme une poupée de chiffon, pour ne plus valoir rien aux yeux de personne? Après tout, sacrifier une monarque pour de simples manèges, c'était tellement ridicule! Même dix ans après ce grotesque assassinat, alors qu'elle serait bein tranquille dans sa tombe, on se serait fichu d'elle. Elle aurait vécu dans la honte et aurait demeuré dans le repos dans une honte encore plus grande. Et puis, peut-on tuer un cauchemar, au moins? Et que deviens le cauchemar une fois mort? Un fantôme de cauchemar? Est-il immortel ou meurt-il comme un vivant, tout simplement? Ce genre de question, Leonor ne se les posait pas vraiment - rappelez-vous qu'elle pensait n'avoir jamais quitté le monde des vivants, et que personne n'essaya jusqu'à maintenant de l'en dissuader.
" Je ne savais pas que vous connaissiez même ce genre de chansons! " lui sourit-elle, alors qu'elle cessait d'applaudir, s'agenouillant sagement à la japonaise, face à lui, toujours à son poste de spectatrice . " C'était bien, comme toujours. " Elle sembla faire mine de se lasser de cette perfection vocale, eut un nouvel éclat de rire. " Vraiment très bien. " Et de toute façon, c'était toujours très bien, quoi que le jeune chanteur en costume chante; et elle aurait réussi à en persuader le monde entier, et serait prête à la faire si il lui demandait. Mais soudainement, autre chose sembla la perturber. Elle se leva subitement, s'avançant un peu vers le chanteur.
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Sujet: Re: The show must go on [Reine de <3] Lun 18 Avr - 14:11
Adriano se réjouissait d'avoir su amuser la petite Reine. Des princes, elle devait en connaitre, mais cet air-là était très bien pour les enfants : et les enfants étaient la cible principale de Carosello. Qui d'autre que ces innocentes petites Âmes, victimes parfaites, pourrait s'attarder dans une fête foraine... Pour l'éternité en plus. Au moins, c'était l'éternité qui était visée, à plus long terme par le jeune homme aux cheveux bleus. A court terme, il devait servir de divertissement à tous les habitants des Ténèbres. Ce qui nous amène au moyen terme, le plus précieux et important aux yeux de Caro' : obtenir sa fête foraine.
Il ne le ferait pas sans tristesse, probablement, mais Mère Ombre le possédait et elle pouvait exiger n'importe quoi de lui, si seulement cela pouvait le rapprocher de son but. Abandonner une amitié, même si personne n'en était là, cela faisait bel et bien partie des choses que le forain ferait pour retrouver son milieu naturel. Ses manèges, ses sucreries, ses lumières, ses musiques... Il voulait revoir les animaux, les véhicules, les dragons,... qui tournent et qui tournent au rythme d'une douce mélodie qui transforme les enfants en prisonniers. Des prisonniers de leur plein gré. Des petites créatures, auxquelles on promet des réjouissances éternelles. Qui ne peuvent, ne veulent, pas quitter la fête et restent donc là à chevaucher les créatures de rêves qui tournoient tant autour du manège que dans leur esprit confus et possédé. Le corps endormi dans la réalité, l'esprit prisonnier du rêve coloré... L'âme est facile à cueillir. Et Carosello voulait donner à Mère toutes les âmes du monde, si seulement il aura toujours quelqu'un à sa fête foraine.
- Bien sûr que j'en connais ! C'est un classique, quand même... Sans parler du fait que les enfants adorent... Ça vous a plu, mademoiselle Leonor ?
Il pouvait être aussi sûr de lui qu'on veut, Carosello allait tout de mêmes'inquiéter et poser la question dix fois. La Reine de Coeur était son amie et... Et une Reine, oui. Il fallait lui plaire, la satisfaire et ne pas s'attirer ses foudres.
Elle le rassura rapidement, lui disant que c'était bien, très bien, comme toujours. Il se détendit un peu, souriant, content d'avoir accompli, une fois de plus, sa mission, comme Elle le lui avait demandé. Mère ordonnait, il obéissait. C'était naturel, d'autant plus que ça rassurait le jeune homme. Perdu dans ces mondes étranges, il se sentait mieux, lorsqu'il se disait qu'une entité toute-puissante veillait sur lui et son destin. Sans son père, il se sentirait vraiment très seul, si la Reine Noire n'avait pas pris soin de lui. Et encore, ses soins n'avaient rien de maternel. Elle l'arma comme on arme un soldat et, de la même façon, elle l'envoya en mission. Un jour, lorsqu'il aura prouvé mille fois sa loyauté, Elle allait lui donner des terres dans son royaume. Des terres, où il pourra bâtir sa fête foraine et s'y établir, sous le regard bienveillant de la Mère.
La petite Reine était charmante. Prête à persuader le monde entier qu'il était le meilleur ? Oui, c'était l'impression qu'il faisait aux gens. Grâce à Elle et ses pouvoirs. Il se demanda s'il pourrait abuser de son influence sur son amie (oui, tout le monde finit par être corrompu par les Ténèbres), mais il chassa cette question idiote. La question de Leonor, étrangement proche de lui d'un seul coup, le surprit.
- Euh... Non, je suis désolé, mademoiselle Leonor. Je n'ai pas de montre... Mais... Allez-vous partir ? Vous devez avoir des... rendez-vous importants, sans doute. Partez peut-être tout de suite. Il vaut mieux être en avance qu'en retard... non ?
Même si son regard s'attrista, il se dit que c'était normal. Une Reine, ça n'avait sûrement pas le temps pour flâner éternellement avec un forain, sans foire. Et il ne lui en voudrait pas, si elle décidait de partir sur l'heure...
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Sujet: Re: The show must go on [Reine de <3] Lun 18 Avr - 20:45
Elle décida de se perdre quelques secondes dans les beaux yeux du forain. Son regard triste lui fit un peu de peine, et d'un autre côté, par le fait qu'il exprime justement de la tristesse, la rendit presque heureuse. Quelqu'un n'avait pas envie qu'elle parte tout de suite, était triste de la voir partir? Ha, ha. Ça c'était quelque chose de cool. Un peu comme une sorte de révélation stupide de l'ordre ' J'ai des amis! ' qui lui venait à l'esprit et qui lui donnait presque envie de sortir le champagne. Mais non. Leonor était bien élevée et savait que se réjouir du malheur des autres n'était pas une chose bonne, surtout si les autres en questions étaient des personnes qu'elle appréciait. Alors elle ne sortit pas de champagne, et fit juste une petite moue désolée, navrée de lui faire de la peine, désespérée de l'entendre chanter si peu aujourd'hui, alors qu'elle savait qu'elle ne le reverrait surement pas avant un moment, et si seulement elle s'aventurait encore ainsi sur les routes. " J'habite loin. " fit-elle sur un ton d'excuse, baissant un peu la tête, sur des manières de précieuse qui lui correspondait bien.
" C'est juste que... "
Elle eut un petit sourire.
" J'ai beaucoup marché pour arriver ici et si je ne rentre pas avant la nuit, ça va poser des problèmes. "
Leonor restait une simplette, après tout. La nuit, - alors qu'elle même considérait un cauchemar pour les âmes en temps normal, les autres ombres en étaient beaucoup pour elle, au même niveau qu'une innocente vivante perdu dans ce monde-là, en pleine de nuit. Puis elle n'aimait tout simplement pas les endroits obscures. Considérant qu'elle devrait retraverser la forêt d'Halloween, contourner Law City,et rencontrer d'autres lieux encore, peut-être même les frontières de High High Mountains, il fallait absolument qu'elle parte maintenant pour ne pas finir toute alarmée dans une ruelle sombre à attendre avec crainte qu'un monstre ou qu'une sorcière vienne la manger sous une lune rieuse. Puis si elle restait dehors trop longtemps, la cour allait s'inquiéter. Et malgré elle, elle n'acceptait pas cela. En gros, c'était loin de ce que pouvait imaginer Adriano, son cher chanteur. Leonor était une reine,oui, merci; à force on l'avait retenu, mais elle n'était ce genre de reine qui passe son temps à gouverner son pays. Peu de personne protestait son autorité dans le royaume; en tout cas de front, et ça faisait toute de suite beaucoup moins de personnes à rencontrer. Et si vous voulez un résumé clair de la vie de Leonor Stuart pour en finir avec tout ça, je vous dirais tout simplement: jeune femme de 19 ans, 10 ans dans sa tête, 20 kilos de moins que la moyenne, jolie, autoritaire, folle et ancienne schyzophrène dopée aux amphétamines, fait danser les têtes, aime se faire coiffer, passe sa vie à jouer à rire et à crier aux mouettes, détient le poste de Reine Du Royaume Des Cœurs. En oubliant quelques détails, et en tachant de ne pas trop s'attacher au point psychologique du personnage. Notre reine fit donc une courbette distinguée à Adriano, comme pour saluer un prince lors d'un grand bal.
" Je vais devoir vous quittez, Adriano, excusez moi. J'espère que nous nous reverrons bientôt. " Elle avait prononcé ses derniers mots comme une promesse - et peut-être même comme une menace. Et peut-être que la prochaine fois, ils parleraient plus. Adriano chanterait, bien sûr, mais il faudrait qu'ils parlent un peu aussi, histoire que le chanteur ne pense pas que Leonor ne venait pas le voir que pour sa voix. Elle lui adressa un dernier sourire.
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